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Tactical Weapons Meet


Michel Pourbaix - Juin 2017



 La 1ere escadrille (2WTAC – Florennes) célèbre cette année les 100 ans du Chardon, son insigne depuis 1917. A cette occasion, elle a organisé un Tactical Weapons Meet (TWM).

 Créée en tant qu’Escadrille Bleue en 1913 à Braschaat (l’arme aviation n’existait pas, elle était un outil de l’artillerie), elle devient 1ere escadrille en 1916. En 1917, un des pilotes, André De Meulemeester,  propose de décorer tous les avions de l’escadrille d’un même emblème- jusqu’alors, chaque pilote avait son propre insigne, inspiré des armoiries familiales ou de ses aventures – et c’est le chardon qui est choisi ; principalement car l’escadrille écossaise qui partage le même terrain que la 1ere a déjà cet emblème sur  ses appareils. La devise qui l’accompagne « Nemo me impune lacessit » - Personne ne me provoque impunément – exprime la hargne des pilotes. La version de De Meulemeester est un chardon dont la fleur est en forme de bouchon de champagne ; Willy Coppens de Houthulst en propose rapidement une version plus élaborée qui persiste jusqu’à nos jours.
Quelques changements de dénomination plus tard, le chardon se retrouve en mai 1940 sur les Hurricane de la 2eme Escadrille du 1er Groupe de chasse du 2eme Régiment d’Aéronautique (2/I/2Aé) stationné à Schaffen. Bien qu’étant le fer de lance de l’aviation belge de l’époque, tous les avions sont détruits au sol, lors des premiers jours de l’attaque allemande.  Quelques pilotes quittent la Belgique pour continuer la guerre avec les alliés.
En novembre 1947, le chardon réapparait sur les Spitfire de la 1ère escadrille et ne l’a plus quitté depuis.

 Pour fêter dignement un centenaire, une simple cérémonie ne suffit pas. C’est ce que ce sont dit les pilotes de l’actuelle 1ere escadrille, leur commandant en tête (CO). C’est pour cela qu’outre faire décorer un avion, ils ont décidé d’organiser un exercice international. Malheureusement pour le CO, sa mutation était prévue peu de temps avant l’exercice et il n’a pu y échapper ; Il a quand même eu l’occasion de voler dans l’avion décoré. Le nouveau CO a pu compter sur une équipe dynamique qui a permis qu’ensemble ils finalisent les préparatifs et s’assurent du bon déroulement.

 En 2003, a l’occasion de son 85ème anniversaire, la 1ère, alors encore dotée d’une mission spécifique de reconnaissance organisait un Recce Meet. Depuis, cette mission n’est plus l’apanage de l’escadrille ; les pods Orpheus puis MRP (Modular Reconnaissance Pod, utilisant les caméras des Mirage 5BR) étant dépassés. La 1ere reste néanmoins pionnière en la matière puisque ses pilotes ont validé l’utilisation du pod de désignation Sniper en tant qu’outil de reconnaissance, avant de transmettre le fruit de leur travail aux autres escadrilles belges. Cette technique appelée Non Traditional Intelligence Surveillance Reconnaissance (Non traditional ISR) consiste à utiliser un outil non prévu initialement pour la reconnaissance afin de surveiller les objectifs potentiels.

 C’est donc un Tactical Weapons Meet (TWM) qui a été organisé du 6 au 16 juin 2017.
Le TWM trouve son origine dans un exercice annuel organisé par l’OTAN à partir de 1962 (A Saint Dizier en France puis à Hopsten en Allemangne). En 1964, 65 et 66 sur la base de Chaumont, en France puis sur d’autres bases (Florennes en 1972) suite à la sortie de l’OTAN de la France. Il s’agissait alors d’une compétition entre les 2ème (Belgique, Grande-Bretagne et Pays-Bas) et 4ème (Allemagne, Canada (, France) et USA) Allied Tactical Air Force (ATAF). Cette rencontre annuelle a pris fin en 1976, TWM et Royal Flush devenant un Tactical Air Meet  à partir de 1978.

 L’exercice organisé cette année ne se voulait pas de grande ampleur comme ses prédécesseurs ou autres Red Flag ou plus proche de nous, Frisian Flag car les moyens opérationnels de l’escadrille et de l’OTAN sont pour l’instant fort limités de par leur utilisation intensive dans les opérations extérieures ; la France, entre autres,  a d’ailleurs du décliner l’invitation pour cette raison.
Un exercice plus petit donc mais plus à l’écoute de ses participants, à destination des jeunes pilotes, leaders de maximum deux avions, et offrant des missions modulées selon les besoins de chacun.
La première semaine était consacrée aux manœuvres de combat de base (Basic Fighter Manoeuvers – BFM) permettant d’appréhender les avantages et limitations des collègues alors que la seconde proposait des scenarii semblables à ceux rencontrés lors des opérations actuelles.
La ligne directrice restant la stricte obéissance aux règles de sécurité.

 C’est ainsi que les participants se sont vu offrir la possibilité de participer à des missions de :
- Défense aérienne (Defensive Counter Air - DCA), pendant lesquelles ils doivent défendre un espace aérien en empêchant les forces ennemies de le traverser.
- Attaque (Offensive Counter Air – OCA), lors desquelles ils doivent passer à travers les défenses ennemies pour atteindre leur objectif.
- Protection d’aéronefs lents (Slow Mover Escort – SME), tels des avions de transport ou des hélicoptères.
- Soutien aérien rapproché (Close Air Support – CAS), en général en coopération avec des équipes au sol (Joint Terminal Attack Controller – JTAC).
- Récupération de personnes (Personnel  recovery – PR), pilote éjecté, otages,...

Tout ceci avec le soutien du 2WTAC, du 1er Wing avec ses Agusta et Marchetti, de Comopsland avec de troupes au sol et des contrôleurs aériens belges et néerlandais.

Les participants étrangers.

Espagne :
Le 111 Escuadron de Moron et ses Eurofighter EF-2000 Typhoon.

 
     

Grande-Bretagne :
N°100 Sqn de RAF Leeming. Cette escadrille, équipée de Hawk T1, spécialisée dans le rôle d’avions ennemis lors des exercices, fête elle aussi ses 100 ans. Pour l’occasion, la tête de mort, insigne de l’escadrille, portée par l’avion décoré spécialement, était ornée d’une guêpe ; la guêpe, 'stinger' en anglais est le code radio de la 1ère escadrille. Ceci démontre, si cela était nécessaire, l’excellente entente entre partenaires.

Grèce :
Le 338 Mira basé à Andravida avec ses vénérable F-4E Phantom II. C’était la dernière sortie des Phantom grecs avant leur retrait d’emploi.

   

Italie :
Le 4eme Stormo basé à Grosseto a envoyé 3 Eurofighter EF-2000 Typhoon.

Pologne :
Le 1st Tactical Sqn basé à Minsk. Des Mig-29 offraient la possibilité de se mesurer à des appareils encore ennemis il y a quelques années.

     

 Avec 232 sorties exécutées, dont 82 par des appareils belges, une seule annulée pour cause de problème technique (toutes les belges étaient OK ;-), et plus ou moins 300 heures de vol, le bilan est très positif. Le feedback des participants l’est tout autant mais quand à savoir si un autre exercice sera organisé l’an prochain par la 1ere ou une autre unité de l’OTAN, cela reste à déterminer.

 En marge de cet exercice, une journée « Spotter » a permis à de nombreux photographes d’immortaliser l’évènement ; les Phantoms grecs attirant à eux seuls une bonne partie des amateurs.
Cette journée spéciale était également rehaussée par le passage voire l’atterrissage d’avions extérieurs à l’exercice, la plupart portant des décos spéciales, pour le plus grand bonheur des spotters.

           



Merci à Comopsair-IPR pour l’organisation de cette journée presse.