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Katika ndege na Korongo (*) 

A Lubumbashi, siège de Korongo Airlines, ville de mon enfance…

Astrid HUSTINX - Juillet 2014

 Vendredi  9 mai dans la matinée, avec Michèle, mon amie d'enfance, nous effectuons  le vol Paris-Johannesburg (Jobourg) en Afrique du Sud, soit 8.734 km, à bord d’un Airbus A380 d’Air France. Trente minutes après notre atterrissage, le Boeing 737-300 de Konrongo Airlines (OO-LTM) se pose à Jobourg, en provenance de Lubumbashi. Aux commandes, Charles ‘’Carly’’ Viatour, Commandant de bord et comme premier officier ou second pilote: Stephen Labbé de nationalité française. Les 4 membres du personnel de cabine sont tous Congolais comme la plupart des travailleurs de la Compagnie. L'escale de 24 heures, comprenant le temps de repos imparti à l’équipage, nous permet de passer la soirée avec ceux-ci et d’évoquer les premiers souvenirs. Le lendemain, Michèle et moi embarquons à bord du B737 à destination de Lubumbashi, la ville où nous avons toutes deux passé notre enfance. Depuis une vingtaine d'années, nous rêvions d'y faire un pèlerinage et de retrouver les traces de notre enfance. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? ……………………………………….
Le déclic est venu grâce à Carly Viatour! Début 2013, Brussels Airlines, actionnaire de Korongo Airlines, affrète un Avro RJ- 146 qui est mis en place à Lubumbashi, en renfort du B-737 déjà opérationnel. Carly, alors Commandant de bord sur Avro (le "petit 747 à ailes hautes"), est détaché dans le chef-lieu du Katanga où il doit rester environ 7 semaines. Michèle et moi avions préparé notre voyage mais notre visa est refusé! (suite à une mauvaise interprétation des pièces requises pour l'obtention de celui-ci). Amère déception.
 

Fin 2013, après avoir ramené le RJ en Belgique, Carly passe sa qualification (type-rating) sur Boeing B737-300 et  retourne à Lubumbashi  dès le mois de mars 2014. 
Après acceptation à l'ambassade de RDC (cette fois-ci nos demandes de visas étaient exemplaires!), Michèle et moi obtenons enfin notre ‘laisser-passer’ en avril 2014!
Arrivées à Lubumbashi le 10 mai, nous sommes accueillies par Titan, un employé Korongo qui facilite notre sortie  en s’occupant des formalités et de la récupération des bagages, le tout dans un joyeux brouhaha typiquement africain.
 
 C’est également lui qui nous  nous conduit à notre hôtel.
Durant notre séjour à Lubumbashi (5 jours), Carly  effectue deux vols sur Kinshasa mais nous consacre son temps libre et nous sert de chauffeur- guide. Il nous a aidées à retrouver nos maisons respectives où nous avons été accueillies chaleureusement par les nouveaux occupants. Emotions...
Nous avons aussi revu notre école primaire, puis la cathédrale où nous avons fait nos communions. Passage près de  l'hôpital où le père de Michèle était médecin-gynécologue puis un second où ma mère était sage-femme ; elle y a mis au monde des milliers de bébés africains.
 

Nous revoyons également avec nostalgie l'usine Coca-Cola où mon père a travaillé pendant 10 ans ; depuis, les dieux sont tombés sur la tête !, l'usine est aujourd'hui bien délabrée.
Lubumbashi  n'est plus la belle Elisabethville des années 50 que j'ai connue, mais elle est aujourd'hui mieux entretenue que la majorité des villes africaines où j'étais régulièrement en escale de 2005 à 2012 (vols Air France). Nous avons aussi  passé une belle journée dans un village au sud de Lubumbashi, à la frontière de la Zambie, village où les femmes décorent leur case de dessins peints, une forme d'art en quelque sorte. Le 15 mai, c’est le retour au pays et nous faisons le voyage depuis Lubumbashi vers Johannesburg, avec Sandrine comme Commandant de Bord et Mikaël comme premier officier.
  

Ndlr : Astrid et Carly, tous deux ‘’Captain’’ pilotes de ligne comptabilisent plusieurs milliers d’heures de vol et se connaissent depuis de nombreuses années. Ils ont volé ensemble dans le monde de l’aviation d’affaires et commerciale en Belgique avant de voir leur chemin se séparer. Carly est resté au pays tandis qu’Astrid rejoignait Air Inter puis Air France, compagnie au sein de laquelle elle a accompli une prestigieuse carrière. Enfant, avec sa famille, elle quitte la Belgique pour rejoindre Lubumbashi au Congo belge, et  y reste jusqu’en 1961. Revoir le pays qui l’a vu grandir et par la même occasion y saluer Carly son ami de toujours qui officie là bas comme Commandant de bord pour Korongo Airlines était un rêve ; il s’est réalisé !

(*)Traduction du swahili : En vol avec Korongo. Korongo signifie cigogne en swahili


De airDC à Korongo Airlines


Serge NEMRY

 Brussels Airlines a toujours voulu établir une filiale en République Démocratique du Congo sur un réseau qu’elle affectionne particulièrement. Avec Hewa Bora Airways, à l’époque la plus grande Compagnie aérienne de la RDC (sa licence internationale lui est retirée en 2011), la Compagnie belge met sur pied airDC en 2008 et peint spécialement deux RJ- 146 (OO-DJJ et OO-MJE) ; ces avions ne quitteront jamais le tarmac de Brussels Airport sous ces couleurs, le projet airDC étant abandonné en 2009.

 Korongo Airlines devient, le 13 avril 2010, la nouvelle Compagnie aérienne créée officiellement sous les auspices de Brussels Airlines. Korongo est une Société de droit congolaise, dont les actionnaires sont : Brussels Airlines (40,4 %), le groupe industriel du belge Georges Arthur Forrest (39,6 %) et des investisseurs congolais (20 %). Elle opère depuis Lubumbashi au Katanga, aux débuts  avec un Boeing 737/300 (OO-LTM) auquel s’ajoutent plus tard deux BAe RJ-146/200, ceux qui étaient initialement prévu pour airDC.
  

 Les avions ont reçu en Belgique une décoration appropriée, avec une cigogne stylisée. Cependant les Avro ont vite montré leurs limites opérationnelles dues entre autres à l’altitude de Lubumbashi, 1310 mètres, soit 4.300 feet. Le dernier ‘’Jumbolino ‘’ (Avro146) a été ramené à Bruxelles 05 06 en février 2013, lors d’un convoyage en deux jours et cinq étapes. L’équipage de cette mission était : Patrick Léonard, Directeur des opérations chez Korongo, Tim Schepen, Technical pilote, Abdelbaset ‘Abdel’ mécanicien de bord et bien sûr Charles ‘Carly’’ Viatour. Seul, le B737 OO-LTM est en service actuellement. La Compagnie occupe quelques 200 personnes dont 97 % sont congolaises. Plusieurs liaisons sont assurées vers  Kinshasa, la capitale, Mbuji-Mayi, capitale de la province du Kasai oriental et Johannesburg en Afrique du Sud.
   

 Bientôt Kolwezi viendra s’ajouter aux grandes villes desservies. Grâce à ces destinations, la province cuprifère est reliée aux principaux centres économiques congolais et permet,  via les aéroports desservis et le réseau intercontinental de Brussels Airlines, un accès vers l’Europe, les Etats-Unis et l’Asie.  Les avions sont entretenus par Brussels Airlines qui, avec l’aide de Forrest, a construit sur le site katangais un hangar abritant un centre de maintenance ouvert à d’autres Compagnies aériennes.